Livres désirés, livres attendus, livres nécessaires
Je fais rarement des listes de lectures à l’avance. J’aime trop les détours, les hasards, les recommandations imprévues, les livres qui s’imposent sans prévenir. Et pourtant, cette fois, j’ai eu envie de poser les choses. De tracer une sorte de carte intime de mes envies de lecture pour le début d’année 2026. Pas un programme, encore moins une obligation. Ou serait le plaisir là-dedans ? Non, plutôt une simple boussole. Des livres que je sais importants pour moi, maintenant. Des textes que j’attends avec curiosité, respect, parfois même impatience.
Cette wishlist mêle des classiques, des autrices et auteurs déjà aimés, et pour le moment un essai pour mieux comprendre le monde contemporain. Ma liste est traversée par le désir de profondeur, par l’envie d’être déplacée, bousculée, nourrie. J’espère que certains titres feront aussi écho pour vous. Et vous donneront envie de les découvrir cette année !
La couleur des perles, de Asako Yuzuki
Après Le beurre de Manako, qui m’a profondément marquée, j’ai très envie de retrouver la plume d’Asako Yuzuki. La couleur des perles m’attire pour ce qu’il laisse pressentir : une exploration fine des psychologies, des normes sociales, sans confort ni faux-semblants. J’aime cette façon qu’elle a d’utiliser la matière sensible pour parler de choses dérangeantes. Je m’attends à une lecture troublante, intense, de celles qui continuent à travailler longtemps après. C’est une autrice dont je voudrais ire d’autres titres, vivement les traductions en français 🙂
L’Éducation sentimentale, de Gustave Flaubert
C’est un classique que je n’ai jamais vraiment affronté. Ou peut-être trop tôt, mal préparée. Et sûrement pas assez motivée ! Aujourd’hui, j’ai envie de m’y plonger autrement. Pour y lire la désillusion, le temps qui passe, les élans contrariés, les rêves qui s’étiolent. Flaubert observe sans indulgence, avec une lucidité parfois cruelle. Et c’est exactement ce que j’attends de cette lecture maintenant.
Touche étoile, de Benoîte Groult
Ce livre fait partie de ceux que l’on relit. Parce qu’ils changent avec nous. Benoîte Groult écrit avec une clarté et une liberté qui me touchent profondément. Touche Étoile parle de l’amour, du temps, de la mémoire, de ce qui demeure quand les grandes illusions se sont dissipées. J’ai envie de le retrouver dans un autre moment de ma vie, et de voir ce qu’il fera résonner cette fois-ci.
La douce empoisonneuse, de Arto Paasilinna
Paasilinna est pour moi synonyme de plaisir de lecture. Un humour décalé, une ironie joyeuse, un regard oblique sur la société. La douce empoisonneuse promet ce mélange que j’aime tant : une intrigue grinçante, des situations absurdes, et une profonde humanité sous le burlesque. J’imagine déjà une lecture réjouissante, légère en apparence, mais jamais vide.
Planétarium, de Nathalie Sarraute
Nathalie Sarraute fait partie de mon panthéon personnel d’autrices majeures. J’ai déjà lu et adoré Les fruits d’or, et surtout Tropismes. Tropismes, quelle claque. Un texte d’une densité que je n’avais jamais rencontrée auparavant. Une force intrinsèque, presque physique, qui m’a profondément bouleversée. Avec Planétarium, je poursuis ma découverte de son œuvre, avec une impatience mêlée de respect. Je sais que ce ne sera pas une lecture confortable, mais Sarraute ne l’est jamais. Elle dissèque, elle fouille, elle met à nu les mouvements invisibles. Et c’est précisément pour cela que j’ai hâte.
Indiana, de George Sand
George Sand m’accompagne depuis longtemps, mais Indiana reste une lecture que je n’ai cessé de repousser. Mais comme Victor Hugo le considérait comme un chef d’oeuvre du romantisme, ill est temps de m’y mettre. Ce roman contient déjà les grands thèmes de son œuvre : la condition féminine, le mariage, l’aspiration à la liberté. Le lire aujourd’hui, c’est aussi mesurer à quel point certaines questions restent d’une actualité troublante.
La précision du tir, de Mathias Énard
Ce livre m’attire par sa promesse de densité morale et intellectuelle. Énard écrit comme on creuse un sillon. Lentement, profondément. J’aime assez l’idée de raconter ce réécit à la première personne. Impossible de faire plus intime avec un héros que pourtant, on n’a paas envie de rencontrer… La précision du tir interroge sans fard la violence, la guerre, la responsabilité individuelle avec une rigueur qui ne laisse pas indemne. Je m’attends à une lecture exigeante, mais nécessaire.
Technoféodalisme, de Yanis Varoufakis
Parce que lire, c’est aussi essayer de comprendre le monde dans lequel on vit, cet essai figure naturellement dans ma wishlist. Technoféodalisme promet une analyse claire et critique de l’économie numérique et des nouvelles formes de pouvoir. J’ai besoin de ces lectures-là pour mettre des mots sur des intuitions, pour éclairer ce que je ressens face aux mutations actuelles.
Cette wishlist 2026 n’est ni figée ni exhaustive. C’est une intention, un horizon. Certains de ces livres arriveront vite, d’autres plus tard. Certains me bouleverseront, d’autres me résisteront. Mais tous ont en commun cette capacité à ouvrir des espaces de pensée et de sensibilité.
Lire reste, pour moi, une manière essentielle de rester en dialogue avec le monde. Et cette liste en est une promesse vivante.




